Le Pixel art, d'engeance informatique à mouvement artistique et culturel

Le pixel vient de la contraction anglaise des deux mots « picture » et « element », le pixel désignerait donc un élément de l’image. L’expression n’est cependant pas idoine car le pixel n’est pas un simple élément mais l’unité de base de toute construction d’image numérique : sans pixel, pas d’image possible ! Le pixel est à l’image ce que l’atome est au corps humain, l’élément le plus petit.

Le pixel, dans notre société du numérique, a un telle importance qu’on lui prêterait presque une forme de vie : ne parle-t-on pas d’un pixel mort ou d’un pixel vif ? de pixels cachés?

Le jeune étudiant en marketing, Alex Tew, a chiffré en 2005 la valeur du pixel avec sa Million Dollar Homepage. Il a en effet conçu une page d’1 million de pixels dont il vendait « l’occupation » à des annonceurs à raison d’1 $ par pixel.

Des lunettes pixelL’évolution technologique tend néanmoins à réduire la place occupée par un pixel dans notre champ visuel : la mémoire de nos ordinateurs, la résolution de nos écrans, permet désormais de multiplier leur nombre et de les camoufler parmi leurs congénères.

Pourtant le pixel est partout (jeux vidéos mais aussi graphismes, clips, publicités ou encore mode et design), un musée virtuel lui est même consacré, des communautés (RetroPixel), des sites internet et des webzines (dont le très complet Pixel Art ² qui propose un panorama exhaustif (quasiment encyclopédique!) et intelligent de l’état de cet art, dans lequel nous avons allègrement pioché !

Cette esthétique du pixel n’est pas nouvelle. C’est avant tout la durabilité de cette tendance qui surprend, le Pixel Art ne serait donc pas un simple phénomène de mode?

Histoire courte d’un art graphique

Le pixel est lié à l’imagerie numérique et à l’informatique. C’est aussi naturellement sur internet, dans les compositions graphiques, ou encore dans les jeux vidéo, qu’il trouve un mode d’expression privilégié.

Le Pixel Art se traduit simplement par « l’art du pixel ». Il désigne la réalisation d’une image numérique pixel par pixel, en utilisant un nombre limité de couleurs.

A l’origine, l’utilisation du pixel est une limitation technologique, dommage collatéral causé par la faible capacité d’affichage graphique des premiers ordinateurs et consoles de jeu vidéo.

Il faut attendre les années 80 pour voir émerger différents mouvements touchant les arts graphiques, assumant pleinement ce parti pris : les « demomakers » faisaient alors preuve de beaucoup d’inventivité pour créer des graphismes attrayants sur leurs machines à faible capacité d’affichage (Atari ST, Amiga, C64).

Metal Slug premier du nom

Petite révolution dans le pixel art en 1996, lorsque sort sur bornes d’arcade le premier Metal Slug ; ses graphismes virtuoses et son univers burlesque lui valent un réel succès critique.

L’arrivée des jeux vidéos sur téléphone portable, et donc la nécessité de revenir à un affichage graphique plus faible, a également contribué à considérablement dépoussiérer le mouvement et à le prolonger, en le popularisant auprès des jeunes générations.

En 1997, se constitue le collectif berlinois Eboy qui a considérablement renouvelé le genre avec des œuvres complexes, riches, faisant référence au cinéma, à la culture populaire ou aux jeux vidéo.

Le mouvement est encore d’actualité : l’affiche de l’exposition Game Story par Olivier Huard est un bel exemple de Pixel Art, alors que Fez, jeu que nous avons testé à l’exposition Joue le jeu, revient à l’esthétique 8-bits du retrogaming.

Au Café Paname cet été se tenait une exposition « Pixel Life » présentant des oeuvres de Laurent Bazart et Jésus Castanedas, à la Galerie Artélie à Paris, jusqu’au 6 octobre, se tient une exposition collective entre Pixel et Street Art.

Pourquoi le pixel séduit autant ?

Le Pixel Art impose un certain nombre de contraintes : l’utilisation de carrés sans possibilité de courbes, l’aplat coloré sans dégradés. Malgré cette identité commune cohérente, définie par la limitation volontaire, les graphistes et illustrateurs rivalisent d’imagination et nous proposent des travaux très différents les uns des autres. Cette diversité des productions atteste du vrai pouvoir de séduction du pixel.

Des pratiques simples

La plupart des artistes préfèrent se passer des logiciels complexes comme Photoshop ou des logiciels créés expressément pour le Pixel Art (comme Pixen), lui préférant Paint.

Tout le monde peut donc réaliser une illustration en pixel art, aucun besoin de maîtriser les outils complexes de création. La simplicité de réalisation permet d’une certaine façon de s’affranchir de la nécessaire maîtrise technique, que l’on retrouve dans les autres pratiques artistiques : seul reste dès lors le travail de la créativité.

Mystery Guitar Man nous en fait la démonstration avec cette vidéo animant en stop-motion, un sprite (dans le jeu vidéo, un sprite est un élément graphique que ce soit un objet ou un personnage, qui se différencie du décor de fond et qui peut se déplacer ou non) réalisé sur une simple feuille de calcul Excel.

Des courants différents

Derrière la locution « Pixel Art » on retrouve pourtant une véritable diversité et richesses des productions, appuyée par des techniques de réalisation différentes.

La perspective isométrique (la perspective isométrique est un mode de représentation en perspective dans laquelle les trois directions de l’espace sont représentées avec la même importance, qu’un objet soit en premier ou en dernier plan celui-ci sera de la même taille) permet de réaliser des compositions pouvant être très complexes.

Paris vu par Eboy

Tout en jouant sur l’humour, Eboy s’attache dans ses compositions au moindre détail. Dans cette illustration de Paris, vous pourrez retrouver des lieux et personnages emblématiques de la culture française : à vous de retrouver Coluche, Justice, Flat Eric ou encore Karl Lagerfeld.

Dans un style moins baroque, mais toujours en perspective isométrique, les français ne sont pas en reste avec Laurent Bazart.

Il mêle souvent à ces illustrations des légendes, donnant un aspect d’organigramme à ses illustrations. Absurdement drôle, ayant choisi volontairement une esthétique enfantine, il pose un regard critique sur la société occidentale, son organisation tendant à standardiser les comportements, et même les individus tout en niant les besoins humains.

Loin de la perspective isométrique, d’autres artistes limitent, volontairement et tout aussi brillamment, le nombre de pixels utilisés.

Andy Rash, est de ceux-ci ; avec très peu de pixels, il dépeint un personnage reconnaissable quasiment instantanément.

Les personnages de Big Lebowski (jusqu'au tapis !) : on est fan

Les personnages de Big Lebowski (jusqu’au tapis !) : on est fan

Dans un autre style, Michaël Myers a choisi un design minimaliste très élégant et graphique pour ses personnages élancés ; un coup de crayon? assemblage de pixels qui montre une réelle patte graphique.

Star Wars par Michaël Myers

Certains artistes sont passés maître dans la limitation comme David Stoll qui se limite pour ses personnages à du 4 pixels par 4, ou SixPix à 1 par 6 : de véritables exercices de style. A nouveau, les deux artistes puisent eux aussi abondamment dans le patrimoine des jeux vidéos ou encore des dessins animés, autant de références qu’il vaut mieux maîtriser, pour parvenir à identifier ces sprites clairement minimalistes.

Les sprites de David Stoll

SixPix par Sergio Ingravalle

 

 

 

 

 

 

 

Pixel art et culture « populaire »

Le Pixel Art puise de nombreux sujets dans la culture populaire.

Reconnaissez-vous tous ces sprites, réalisés par Michaël Myers?

Jeux vidéos bien bourrins pour Michaël Myers

Un joli mélange de références par Andy Rash

Des joyeuses références pour Andy Rash

Au premier rang de ces références incontournables, on retrouve bien évidemment le patrimoine vidéo-ludique, comme dans cette vidéo réalisée par MuscleBeaver.

Les héros « sprités » des premiers jeux vidéos 8-Bit constituent en effet une matière abondante dans laquelle puisent les illustrateurs et graphistes. Osons : Mario est d’une certaine façon au Pixel Art ce que la soupe Campbell a pu être au pop art.

Heros des séries des années 80 par Kristof Saelen

Heros des séries des années 80 par Kristof Saelen

C’est plus généralement toute la culture jeu vidéo des plus anciens aux plus récents qui est ici sollicitée. Dans le cas des références aux jeux plus récents, on imagine aisément le malin plaisir que nos artistes prennent à pixeliser un graphisme hyper-réaliste.

Dr Who & Mario vs un Dalek

Dr Who & Mario vs un Dalek

Plus généralement, toute la culture « geek » -NB : c’est pas un gros mot !- y passe : comics, séries TV (Doctor Who dans cette illustration de Jesus Castaneda), films cultes du type Star Wars, dessins animés…

Bon, ne soyons pas réducteurs non plus, les pixels artistes s’inspirent plus généralement de toute la culture populaire. On remarque tout de même une lourde prédominance des années 70-80. Assez naturel, puisque c’était l’apogée du pixel. Nostalgie quand tu nous tiens !

Les pixel artistes ne sont pas non plus déconnectés de l’actualité; certains illustrateurs créent pour la presse comme Laurent Bazart , qui au sein de l’agence Illustrissimo il imagine des couvertures de magasines dont, entre autres, Libération, Le Monde, Les Echos Télérama ou encore les Inrockuptibles ; d’autres comme Michaël Myers réagissent à l’actualité sur leurs blogs qui a réalisé une illustration au décès de Steve Jobs, très fine, qui a alors fait le tour du net.

Le pixel et sa dimension affective: un identifiant générationnel

On peut aisément expliquer cette prédominance des années 70-80. La disparition progressive du pixel, en raison de l’évolution technologie qui a repooussé les limites d’affichage graphique, suscite une espèce de nostalgie, voir de sympathie de la part d’un public qui a connu les premiers jeux vidéo et a grandi avec l’univers 8-bit, devenu la madeleine de Proust de toute une classe d’âge. Le pixel est dès lors un identifiant générationnel, nous faisant replonger dans l’insouciance de l’enfance et nous donnant furieusement envie de régresser.

La publicité a ainsi su récupérer cet élan de sympathie. Ce spot pour Areva a été créé par H5 (collectif emmené par de Hervé de Crécy et Ludovic Houplain). Un petit air d’organigrammes de Laurent Bazart, non?

Le collectif Eboy a lui aussi été sollicité par la publicité.

Campagne illustrée par Eboy pour Coca

Affiche pour Yahoo par Eboy

Illustration par Eboy pour l’ANPE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ces campagnes (l’ANPE est symptomatique !) semblent bien destinées à un public averti, entre 20 et 35 ans, celui-là même qui est sensible à l’univers 8-Bit.

La communication de Lego à ce titre est assez intéressante. La petite brique, figure de notre enfance, joue parfaitement sur les codes du Pixel Art pour cette campagne imaginée par Jung Von Matt, largement inspiré des travaux de SixPix. Néanmoins, dans le cadre de cette campagne, les héros présentés sont davantage ceux de notre enfance que ceux de nos charmantes têtes blondes, les consommateurs potentiels des fameux legos. Aussi telle est ma question: la campagne ne serait-t-elle pas plutôt destinée aux parents? Après tout, ce sont eux qui ont le porte-monnaie !

En tous cas, la campagne rend hommage au Pixel Art. La simplicité de certains sprites suggère, évoque, plus qu’elle ne montre, obligeant le spectateur à discerner, à se représenter et surtout à imaginer! Pile-poil le credo lego! L’image dans le Pixel Art ne bride pas l’imagination mais l’active.

Le pixel et les jeunes générations

Super Smash Land, version 2011 pour PC

Super Smash Bros, version 1999 sur Nintendo 64

Malgré l’évolution technologique allant vers plus de réalisme, les jeux vidéos les plus récents s’emparent du pixel et de sa dimension sympathique et « trendy« .

Le succès de l’excellente licence Lego (dont je vous conseille le dernier opus (Lego Batman 2: DC Super Heroes) atteste de cet intérêt des gros studios pour le pixel.

En 2011, Dan Forace a ainsi sorti sur PC une version de Smash Bross, jeu de combat sorti en 1999, avec tous les personnages des premiers jeux Nintendo, avec des graphismes 8-bit monochromes très retro : avis aux nostalgiques le jeu est gratuit.

Si ce type de jeu semble plutôt réservé aux fanatiques nostalgiques de la première heure, les jeunes générations deviennent de plus en plus sensibles à cette esthétique du Pixel, notamment grâce au développement de jeux pour téléphone portable, smartphone et tablettes, qui reprennent cette esthétique.

Habbo (jeu/réseau social pour ados décérébrés), le mouvement des Dollz, ou Minecraft visent directement la jeune génération. Ce type de jeux contribue à pérenniser le mouvement du Pixel Art auprès de générations qui n’ont pas connu les jeux 8-Bits de nos tendres années.

Héros anticapitaliste ? D.I.Y en low-tech !

Bien que le pixel art soit utilisé dans la pub, ce symbole de la société de consommation, je persiste et signe!

Par la simplicité de création que ce soit avec une feuille et une règle ou avec n’importe quel logiciel de création, par le nombre de tutoriels gratuits sur internet, on ose le rapprochement du Pixel Art avec le mouvement du Do It Yourself en plein essor aux Etats-Unis. Ce côté « fait maison », un peu « root », de nombreux artistes l’assument et en font leur marque de fabrique, comme Mystery Guitar Man ou les frères Knutsson (dont vous verrez la vidéo dans la deuxième partie de l’article).

Ainsi de nombreux pixel artists tiennent des propos qui se teintent de revendications nettement plus politiques à l’instar de Röhrer, un des chantres du mouvement. Créateur de jeux indépendants (en pixel art), artiste multiple, codeur, est à l’origine de MUTE, un programme qui permet de garantir un certain anonymat sur internet : bon, clairement, il n’est pas vraiment du côté des droits d’auteur et du copyright. Chez lui, on voit bien une logique de la décroissance (bon certains diront croissance raisonnée) comme en témoigne un mode de vie très simple, dont il se fait le défenseur. Le mouvement low-tech (pour mes lecteurs réguliers on l’avait déjà entraperçu avec le mouvement de retrogaming BabyCastles) connaît un certain succès aux Etats-Unis, d’autant plus vigoureux en période de crise.

Le credo low-tech: késako?

Les évolutions technologiques, qui nécessitent des investissements massifs, sont instrumentalisées par les marchés financiers.

Elles sont considérées comme avilissantes : elles visent à un contrôle des consommateurs en obligeant par exemple à s’inscrire sur des sites et à donner des informations personnelles et entravent la libre circulation des logiciels, ainsi que le droit de propriété (qui autorise théoriquement à échanger, donner ou léguer un bien). Récemment la colère contre Apple de Bruce Willis (à qui on ne peut prêter des intentions militantes pro internet et libertés) a fait le tour du monde; celui-ci venait de s’apercevoir qu’il ne pouvait donner ses chansons achetées sur ITunes à sa propre fille, ni même les lui léguer.

Elles sont en outre bien souvent déraisonnables écologiquement et contribuent à la surconsommation : dans le cas d’un logiciel par exemple, bien que l’ancienne version marche très bien, pour être à la pointe (dans notre cas de graphiste, afin d’être tout simplement compétitif face à nos concurrents) il est quasiment nécessaire d’investir dans la nouvelle ; imaginons garder l’ancienne, au bout d’un certain temps, il n’y a tout simplement plus de mise à jour. En outre, la plupart des produits high tech sont conçus pour ne plus fonctionner au bout d’un certain nombre d’utilisation, l’obsolescence programmée.

Le jeu vidéo: des studios indépendants militants

Les éditeurs et créateurs de jeux vidéo indépendants, qui n’ont pas les mêmes budgets pharaoniques que les grands studios, ont fait de cette culture low-tech et du pixel art leur marque de fabrique.

Pixel! par le micro-studio Arkado

Il est vrai que le marché des jeux vidéo est en proie à de nombreuses dérives mercantiles, dont nous avions fait état dans un autre article. Si certains développeurs proposent leurs jeux gratuitement sur le web, le jeu Super Meat Boy qui était à l’origine un jeu flash produit par le micro studio Team Meat à sa sortie sur X Box Arcade est ainsi le premier à proposer des DLC non vérifiés par Microsoft Live. L’un des fondateurs du studio l’exprime de façon on ne peut plus claire : « dans un monde où débloquer du contenu dans un jeu que l’on a acheté coûte généralement 2$, c’est bon d’avoir le pouvoir de dire Fuck You au système et de faire à votre façon ».

Ce milieu de créateurs indépendants est largement composé d’anciens développeurs/graphistes lassés des gros studios à l’instar du génial créateur de Fez qui, dans ses interviews, stigmatise son passage dans les studios d’Ubisoft comme « la pire expérience de sa vie ».

Sword & Sworcery : un design très graphique assez proche de celui de Myers

Sword & Sworcery : un design très graphique assez proche de celui de Myers

Version lego

Version lego

Ces petits studios indépendants innovent, en prenant un véritable parti pris graphique, avec des jeux à l’aspect retro, au design et à l’esthétique très 8-bit, comme Pixel! de Arkedo ou Professor Spelunkington de Games Nortwest.

Dans le cas de Sword & Sworcery, jeu iphone, le petit studio canadien SuperBrothers modernise complètement le pixel art avec ses personnages, très épurés, au design d’une élégance folle et actuelle, rappelant ceux de Michaël Myers. Ils ont annoncé la sortie d’une version remasteurisé « avec plus de définition, une lumière complexe et une 3D crédible » avec beaucoup d’humour, puisqu’ils en ont présenté une première image « officielle », une photographie de leur personnage fétiche en légo.

En s’attardant un peu moins sur le réalisme de l’image (parfois gadget), on peut également se permettre de se concentrer sur l’histoire et de développer des gameplay révolutionnaires : en ce sens, GlitchHicker, The Chance, VVVVVVVV sont de véritables révélations pour l’univers du jeu vidéo.

Ces jeux à contre-temps de l’évolution de l’offre vidéo-ludique n’auraient pas vu le jour sous la houlette de gros studios car impliquant un trop gros risque financier.

Passage par Jason Röhrer

Certains groupes ajoutent une ambition artistique à leurs jeux collaborant avec des plasticiens, comme le collectif new-yorkais très low-tech de Babycastles et ses salles d’arcades bricolées maison.

Röhrer nous livre avec Passage un jeu vidéo tout en Pixel Art à la frontière entre le non sens le plus total, la psychanalyse (tant de Röhrer himself que du joueur) et l’oeuvre artistique interactive, tant il s’affranchit complètement des codes du jeu vidéo. Ni distrayant, ni attirant, le jeu nous confronte directement à nos angoisses, nous questionne. Certes, c’est pas très vendeur tout ça, mais il vous faut l’expérimenter absolument, d’autant plus maintenant qu’il est rentré au MoMa de New York ; vous pouvez le télécharger sur le site du jeu.

Le Pixel Art dépasse largement le seul cadre des codeurs babacools new-yorkais et leurs considérations technologico-ethico-politico-ecologico-economicico-et j’en-passe-et-des-meilleurs, que nous avons vu dans la première partie.

Il dépasse même le simple cadre de la création numérique pour s’exporter progressivement dans tous les mouvements culturels (pas seulement la culture geek), et entrer dans les pratiques de création artistique.

Le Pixel Art envahit le monde réel

Montages photos et vidéos

Le pixel, élément de base du monde virtuel n’est plus cantonné à l’univers du numérique et envahit notre société.

Cette interaction monde réel et virtuel est très présente dans le pixel art. Notre coup de coeur va à Jehrin Miller, ce photographe et graphiste retravaille ses polaroïds en ajoutant des personnages pixellisés.

Par Jehrin Miller

Par Jehrin Miller

Mike tyson’s punch out par Aled Lewis

Illustration par Retronoob en référence au premier Donkey Kong

 

 

 

 

 

 

 

On retrouve une démarche analogue dans les vidéos des Knutssons narrant les aventures de Mario dans notre monde réel : le pixel est ici figuré par des perles de repassage, le tout animé en stop motion.

Le pixel envahit l’espace urbain

Play Time à la station de métro Thorildsplan à Stockholm

Les street artists participent à la colonisation effective de l’espace urbain par le pixel. On ne présente plus le célèbre frenchy Invader dont les sprites, tirés du jeu Space Invaders sorti en 1978 se sont répandus tel un virus hackant l’espace urbain, et même maintenant l’espace tout court. Celui-ci a en effet envoyé ses mosaïques dans l’atmosphère au moyen de ballons gonflés à l’helium. A Nantes, Waldo et Chili WC perpétuent cet art de la mosaïque geek. A Stockholm, une station de métro a été entièrement redécorée façon mosaïque 8-bit dans un style très proche de celui de notre compatriote, par l’artiste suédois Lars Arrhenius.

Pixel -lego- Art, street art et impression 3D

Pixel -lego?- Art, street art et impression 3D

Mais la mosaïque n’est pas l’apanage de tous les street artists inspirés par le Pixel Art ; toutes les techniques du street art sont représentées, des plus traditionnelles aux plus novatrices.

Gameboyone utilise l’arme la plus traditionnelle du street art, la bombe et le pochoir pour ses héros de jeux 8-bit, les sapins (de Mr Sapin, ça s’invente pas!) sont en lego ou duplo. Pixel Phil manie les stickers aussi bien que l’humour noir tout en s’éloignant des personnages traditionnels du jeu vidéo. Les sculptures et autres installations de Kelly Goeler confèrent de la poésie à ces trottoirs new-yorkais grisâtres. Une démarche analogue, bien que moins arty et plus high tech, avec Greg, il a créé pour le coin d’une marche abîmée une sorte de « prothèse » en partie en légo, qui s’emboîte parfaitement sur l’originale. Ses secrets de fabrication sont dévoilés sur son tuto, un scan par photogrammétrie, un peu de modélisation, et une imprimante 3D.

Street Art par Pixel Phil

Dans les rues de New York, installation de Kelly Goeler

Sonic par Gameboyone

 

 

 

 

 

 

 

De façon beaucoup plus conventionnelle (et légale!), le pixel s’exporte au bureau, entre collègues. L’été dernier, La Post It War opposant deux entreprises de Montreuil (le célèbre studio Ubisoft et BNP Paribas) a été médiatisée et relayée dans le monde entier (cocorico). Le mouvement a fait des émules puisque le phénomène s’est rapidement répandu dans tout Paris : EDF, l’IFOF, la Société Générale… Une émulation collective, un renforcement de la solidarité entre collègue, le Pixel Art au bureau est très bénéfique pour la culture d’entreprise, la bonne ambiance au bureau et avec un peu de chance… une comm’ gratuite alimentée par les médias ravis d’avoir à relayer un phénomène de société !

Y’a -t-il peut-être de quoi attiser à nouveau cette guerre en cette rentrée 2012 avec l’initiative de l’université de Jussieu? Les étudiants ont habillé la tour Zamansky haute de 90 mètres d’une immense fresque.

Cette vitalité est attestée par d’autres étudiants, cette fois ci des Gobelins, qui ont travaillé sur une application Pix my street permettant de tagger l’environnement urbain avec des sprites, le tout en parfaite légalité grâce à la réalité augmentée.

La popularité du Pixel Art dans la culture pop

Dans notre précédent article, nous avions vu que le Pixel Art puisait énormément dans la culture populaire. La réciproque est également tout à fait valable, et pas uniquement dans le street art.

La musique

La musique s’empare du phénomène du Pixel Art, nous livrant des clips inattendus et drôles. Michel Gondry réalise le clip de la chanson Fell In Love with a girl tout en legos pour les White Stripes en 2001.

En 2002 c’est le groupe suédois Junior Senior qui, pour leur chanson « Moving Your Beat », adopte un style pixellisé très minimaliste. En 2006, Helsinski in architecture (australien celui-là) fait appel au Pixel Art pour le clip complètement délirant de « Do The Whirlwind ». Une piste : le nom du groupe à l’origine était The Pixel Mittens.

En 2007, c’était Dj Shadow pour sa chanson « This Time ».Plus récemment, le clip du groupe Goldfish réalisé par Mike Scott est un petit bijou de pixel art, une vidéo loufoque truffée de références à la culture geek et aux jeux vidéo.

Encore plus trash (réservé 18+ tout de même), avec le clip réalisé par Jérémie Périn de la chanson Truckers Delight de Flairs : âmes sensibles s’abstenir.

La BD

Les pixels se sont également exportés dans la BD, donnant naissance à un genre à part entière le Sprite-Comic : ces BD mettent en scène des sprites de jeu vidéo, récupérés sur le web, ou créés manuellement (plus rare), le tout dans un environnement graphique forcément très jeu vidéo, et sont en règle générale diffusés gratuitement sur le web. Bob & George Comic par NW reprend Megaman : j’en connais un qui va trépignerchez Mod&Wa.

Le très drôle Super Oor’s World de Jonathan Silvestre reprend les codes du Sprite-Comic, sans en être vraiment, puisque les personnages sont une totale invention de l’auteur.

Par le même auteur mais plus proche de la BD classique, bien qu’en Pixel Art, nous vous conseillons également Kill the Legend.

Des auteurs de BD « classique » se mettent également au pixel art comme Jibé qui après s’être illustré en ligne puis avec un premier album Sans-Emploi dans un style très classique, s’attaque au pixel avec Basse Def : il faut dire que le scénario s’y prête tout particulièrement, deux geeks se retrouvent transportés et piégés à l’intérieur d’un jeu vidéo.

Vêtements, goodies, design & Co

Sac à main Paul Smith, illustration du colectif Eboy

Le pixel se retrouve sur tous types de supports. Mugs, tee-shirts, porte-clefs, posters, puzzles, dessous de verre, tapis de souris ou encore plaques de chocolat, le Pixel Art a ses goodies. On retrouve ainsi les réalisations de Eboy sur des coques d’iphone, des chaussures et sacs à mains, des jouets… ou encore des paquets de céréales.

Les créateurs de mode ont également adopté le pixel. Au Japon, la créatrice Kunihiko Morinaga a réalisé toute une colection pour la marque Anrealage, inspiré du pixel.

Chaussures à talon, pour la marque Anrealage

Le Pixel Art inspire également la déco.

Papiers peints ou stickers, mobilier, le pixel entre dans nos intérieurs.

Certains designers proposent des objets originaux rendant hommage au pixel à l’instar de cette poubelle réalisée par BrittLiv.

Le lego, devenu un matériel moderne et design, est utilisés par des designers ou des décorateurs d’intérieur pour construire des meubles, des cloisons ou des escaliers… une bonne idée DIY à repiquer, avec accord préalable de vos charmantes têtes blondes…

Rampe d’escalier par I BEAM Architecture

Le banc Metaphorical Horizons par Lene Willie

Cuisine par le studio de design parisien Munchausen

Le Pixel Art dans les arts plastiques

Les pratiques artistiques associées au Pixel Art dépassent allègrement le simple cadre des arts graphiques et de la composition numérique, en s’exportant sur des supports plus classiques. Par ce biais, le Pixel Art s’étend de bien des façons à toutes les formes d’art plastique.

Pixel art et peinture

Huile sur toile pour un paysage de pixel

Peintures, sculptures et mozaïques

Scène de chasse par Laura Biffano

Certains artistes peintres choisissent d’utiliser le pixel dans leurs oeuvres.

Si d’aucuns choisissent les thèmes classiques du Pixel Art en piochant dans la culture geek, d’autres s’amusent à détourner des sujets traditionnels de la peinture (natures mortes pour Ashley Anderson, la peinture animalière pour Laura Biffano, les paysages pour Olivier Masmonteuil), ou encore à détourner des classiques de la peinture comme Nicolas Moreau.

Peinture et Pixel ArtAvec sa série « Pixels », il reprend des tableaux de grands maîtres. Il aspire ainsi à créer un pont entre la peinture et ce qu’il appelle le 6ème continent, soit Internet. Pour ceci, il les renomme en leur donnant un titre en adéquation avec son sujet afin de mieux expliciter son propos. La Liberté guidant le peuple numérique par exemple fait référence à l’impact des réseaux sociaux sur les révolutions politiques, Les bains turcs version pixels aux amours et libertinages virtuels.

Vous pourrez découvrir encore plus de tableaux en pixel art sur le site artofthepixel.

Sculpture Pïxel ArtLa sculpture s’est également intéressé au travail du pixel en volume, en somme, une sorte de voxel art.

Il est par ailleurs intéressant que Douglas Coupland qui a réalisé cet orque gigantesque sur le perron du Vancouver Convention Center soit aussi l’inventeur de l’expression « Generation X », au travers d’un roman, qui mettait déjà en exergue la perte de repères et la saturation des médias dont était victime sa génération, ceux là même qui avaient entre 10 et 15 ans dans les années 80 (toujours notre apogée du pixel informatique !). Dans ses travaux postérieurs dont notamment ses QRCode peints pour son exposition Twenty First Century, il s’est également intéressé à internet, au numérique, et à leur relation avec l’art.

A nouveau un sujet animal pour Shawn Smith qui en nous emmenant dans son bestiaire, avec ses sculptures réalisées en bois contreplaqué, part du constat d’une vision tronquée de la réalité qu’on expérimente plus que par le biais du numérique, de l’écran de l’ordinateur ou de la télévision (un paragraphe sur le propos de cet artiste dans cet article).

L’architecture aussi semble être inspirée par le pixel art, même si parfois, les architectes semblent mal assumer cette filliation comme le souligne cet article de geek.com .

building_pixel

Batiment viticole par Santiago Calatrava, Espagne

Pratiques plastiques nouvelles

Mais le pixel art ouvre également la voix à des pratiques artistiques tant novatrices qu’amusantes.

Certains artistes utilisent ainsi pour pixel des éléments familiers ou des objets de la vie quotidienne, et font des compositions à partir de celles-ci, dans la lignée du DIY déjà vu dans notre précédent article.

Une sculpture en lego de Nathan Sawaya

L’utilisation de perles à repasser est courante car facile et peu onéreuse : pour réaliser une composition, on les fixe sur une plaque avec des piques, puis une fois la composition achevée, on fait fusionner les perles entre elles avec un fer à repasser : un loisir créatif peu onéreux, et facile à faire.

Nathan Sawaya maîtrise à la perfection l’art de la sculpture, le tout, à base de legos.

Le mouvement du Rubik’s Cube Art est déjà devenu une vraie discipline, à part entière, et qui a même séduit l’emblématique Invader puisqu’on est tombé sur certaines de ces oeuvres lors de l’exposition Au-delà du street art.

D’autres ont des pratiques plus atypiques qui sont associées, de près ou de loin, à cette utilisation du pixel dans les arts : pour Christian Faur, c’est l’utilisation des crayons-cire, pour Skeplin, ce sont les bouchons peints, David Mach réalise des sculptures (qui n’ont rien à voir avec Le dîner de con) avec des allumettes, Egor Bashakov a fait son autoportrait à base de badges, Flippycatles utilise des dominos.

De l’installation à la performance artistique

Pixelator

Installation aux confluences entre le design et la science, avec une limitation extrême au niveau de résolution, Patroned by Nature (un article complet et la vidéo dans nos colonnes), prend là encore comme thème la nature avec des animations en pixel art et nuances de gris défilant sur un ruban d’une dizaine de mètres au sein de l’atrium du Musée de Sciences Naturelles de Caroline du Nord.

A la frontière entre street art militant et installation artistique underground, Jason Eppkink et Jen Small à New York ont pixellisé en 9 par 5 les écrans qui diffusaient des publicités à la sortie des métros, les changeant en oeuvre abstraite de Pixel Art.

L’artiste Guillaume Reymond, au sein du collectif NOTsoNOISY, choisit comme élément de base pour figurer la brique virtuelle dans le monde réel, l’être humain. Filmées en stop motion, ces performances troublantes font appel à cette fameuse culture du retrogaming : Pacman, Tetris mais aussi Space Invaders pour ce projet intitulé Game Over.

Le Pixel Art et l’art contemporain

Le Pixel Art dépasse le simple cadre des arts graphiques et touche l’ensemble des pratiques artistiques, des plus traditionnelles aux plus loufoques (d’aucuns diront novatrices!). Ce n’est donc pas un mouvement anecdotique, il tire ses racines tant dans la culture populaire 8-bit que dans l’histoire de l’art.

Le pixel art dans l’histoire de l’art

Ce qu’on considère aujourd’hui comme du Pixel Art a toujours existé dans l’art. Il renvoie directement à une pratique ancienne et bien installée dans l’esprit collectif, celui de la mosaïque.

Il y a ainsi dans notre panthéon artistique des pixel artists avant-gardistes qui s’ignorent.

Il suffit de regarder ce tableau de Dali de 1975, troublant et incroyablement avant-gardiste. De près, une représentation de Dali mais une fois à distance (le tableau est perché à plusieurs mètres de hauteur), on voit se profiler le portrait d’Abraham Lincoln.

Le mouvement cubiste, les tableaux de Mondrian qui se limitent également en couleur, ou de Klee, l’impressionnisme et le pointillisme, les racines du Pixel Art dépassent de loin la seule apparition de l’informatique.

Le mouvement du Pixel Art s’oppose à l’hyperréalisme, cet enjeu du développement technologique des jeux vidéo est aussi un courant de l’art contemporain particulièrement influent aux États-Unis. Le Pixel Art ne se construirait-il pas en rupture comme le pointillisme avait pu l’être en son temps avec l’académisme ?

Röhrer se demande ainsi si le Pixel Art ne serait pas tout bonnement l’impressionnisme ou le pointillisme du XXIème siècle.

Le pixel art, observateur de la société contemporaine

Cette forme d’art correspond bien aux préoccupations de notre société du XXIème siècle.

Il dépeint une société envahie d’écran, complètement bouleversée par la révolution numérique, dominée par la technologie. L’homme n’expérimente plus par lui-même puisque la découverte du monde qui l’entoure passe par internet et le prisme déformant du numérique. Cette déformation, c’est notamment l’une des questions posée par l’artiste Daniel Rozin au travers de son installation interactive Wooden Mirror.

Internet crée une société virtuelle : échanges, amours, communautés. Cette société numérique est parfois en opposition avec notre organisation sociale: libre échange, plus de limitations morales… Le Pixel Art est un mode d’expression privilégié pour décrire cette ambivalence entre réel et virtuel et s’interroger sur l’évolution de notre société.

Pixel Art dans l’art contemporain

Ces thématiques sont contemporaines et symptomatiques de notre époque. Aussi on les retrouve très souvent dans les travaux des plasticiens, tenants de l’art contemporain, qu’il utilisent ou non le pixel comme mode d’expression.

Progression de 8 pixels pervertis par Angela Bulloch

Les Fractals Flowers, une réalité virtuelle autonome

Lors de notre visite de l’exposition Turbulences, deux oeuvres étaient consacrées au pixel : les pixels pervertis d’Angela Bulloch et les pixels liquides de Miguel Chevalier (des pixels évoluant de manière autonome avec lesquels le spectateur peut interagir) sont deux oeuvres très différentes mais qui interrogent encore, chacune à leur manière, la société contemporaine.

Miguel Chevalier, qui questionne la validité de la frontière entre réel et virtuel, naturel et artificiel, et qui revendique une esthétique hybride a créé de très nombreuses oeuvres autour du pixel : Pixels Liquides, Power Pixels, Pixels Snow, Vague des Pixels…

Néanmoins, comme l’art numérique, le Pixel Art est très peu exposé et reste très souvent ghettoïsé dans des musées qui lui sont consacrés. Mais peut-être est-ce justement sa contemporanéité, son ancrage dans la réalité présente, qui nuit à sa reconnaissance par les impétrants de l’art.

I shot Andy Warhol

I shot Andy Warhol

Pourtant le Pixel Art a des assises culturelles populaires larges, tel qu’en témoigne son utilisation dans la communication et la publicité atteste de cet engouement.

Le lien de filiation entre le Pop Art et le Pixel Art apparaît dès lors évident : même assise populaire, même ancrage dans la société de consommation (l’industrie vidéoludique), même détournement d’icônes (bon certes Mario n’est pas Marilyn…), même affranchissement des hiérarchies et frontières stériles entre culture populaire et élitaire.

Parricide? Le jeu vidéo de Cory Arcangel (hommage au zapper de la NES) propose de tirer sur Andy Warhol tout en évitant le papy de KFC, le pape ou encore le rappeur Flavor Flav.

Le Pixel Art est un mouvement plus complexe qu’il n’apparaît formellement. Il trouve ainsi ses sources tant dans l’histoire de l’art que dans l’apparition des jeux vidéo. Il ne touche donc pas uniquement les graphistes et créateurs de jeux, mais bien l’ensemble des pratiques artistiques. Il répond également à des préoccupations sociales et trouvent des échos dans des mouvements culturels très actuels : le Do It Yourself et son pendant technologique, le low tech par exemple, le pop art (qui prônait une absence de hiérarchie entre culture populaire et élitaire), la culture populaire, vidéo-ludique.

Le pixel est devenu un mode de représentation du monde, attestant de l’influence du numérique et d’internet sur nos modes de vie, notre culture et notre société.

La plupart des artistes ayant leur blog, nous vous invitons à être curieux et aller y flâner pour découvrir l’ensemble de leurs travaux.

Vous pouvez également vous documenter sur Pixel Art ² , un site très complet et incontournable, sur le sujet, où vous retrouverez des informations supplémentaires sur la plupart des artistes que nous avons cités (et plus encore), et où vous pourrez vous tenir informés des dernières actualités du mouvement.

Pour aller plus loin

Le pixel art est l’un de nos dadas récurrents sur ce blog. On est donc tomber en admiration devant l’application smartphone développée par des étudiants des Gobelins, Pix My street.

Une sélection plus exhaustive de nos articles sur le pixel art, et plus généralement le game art, en suivant ces liens.