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Le Pixel Art (1/2) : de mal-aimé high-tech à héros anti-capitaliste low-tech !

Le pixel vient de la contraction anglaise des deux mots « picture » et « element », le pixel désignerait donc un élément de l’image. L’expression n’est cependant pas idoine car le pixel n’est pas un simple élément mais l’unité de base de toute construction d’image numérique : sans pixel, pas d’image possible ! Le pixel est à l’image ce que l’atome est au corps humain, l’élément le plus petit.

Le pixel, dans notre société du numérique, a un telle importance qu’on lui prêterait presque une forme de vie : ne parle-t-on pas d’un pixel mort ou d’un pixel vif ? de pixels cachés?

Le jeune étudiant en marketing, Alex Tew, a chiffré en 2005 la valeur du pixel avec sa Million Dollar Homepage. Il a en effet conçu une page d’1 million de pixels dont il vendait « l’occupation » à des annonceurs à raison d’1 $ par pixel.

Des lunettes pixelL’évolution technologique tend néanmoins à réduire la place occupée par un pixel dans notre champ visuel : la mémoire de nos ordinateurs, la résolution de nos écrans, permet désormais de multiplier leur nombre et de les camoufler parmi leurs congénères.

Pourtant le pixel est partout (jeux vidéos mais aussi graphismes, clips, publicités ou encore mode et design), un musée virtuel lui est même consacré, des communautés (RetroPixel), des sites internet et des webzines (dont le très complet Pixel Art ² qui propose un panorama exhaustif (quasiment encyclopédique!) et intelligent de l’état de cet art, dans lequel nous avons allègrement pioché !

Cette esthétique du pixel n’est pas nouvelle. C’est avant tout la durabilité de cette tendance qui surprend, le Pixel Art ne serait donc pas un simple phénomène de mode?

Histoire courte d’un art graphique

Le pixel est lié à l’imagerie numérique et à l’informatique. C’est aussi naturellement sur internet, dans les compositions graphiques, ou encore dans les jeux vidéo, qu’il trouve un mode d’expression privilégié.

Le Pixel Art se traduit simplement par « l’art du pixel ». Il désigne la réalisation d’une image numérique pixel par pixel, en utilisant un nombre limité de couleurs.

A l’origine, l’utilisation du pixel est une limitation technologique, dommage collatéral causé par la faible capacité d’affichage graphique des premiers ordinateurs et consoles de jeu vidéo.

Il faut attendre les années 80 pour voir émerger différents mouvements touchant les arts graphiques, assumant pleinement ce parti pris : les « demomakers » faisaient alors preuve de beaucoup d’inventivité pour créer des graphismes attrayants sur leurs machines à faible capacité d’affichage (Atari ST, Amiga, C64).

Metal Slug premier du nom

Petite révolution dans le pixel art en 1996, lorsque sort sur bornes d’arcade le premier Metal Slug ; ses graphismes virtuoses et son univers burlesque lui valent un réel succès critique.

L’arrivée des jeux vidéos sur téléphone portable, et donc la nécessité de revenir à un affichage graphique plus faible, a également contribué à considérablement dépoussiérer le mouvement et à le prolonger, en le popularisant auprès des jeunes générations.

En 1997, se constitue le collectif berlinois Eboy qui a considérablement renouvelé le genre avec des œuvres complexes, riches, faisant référence au cinéma, à la culture populaire ou aux jeux vidéo.

Le mouvement est encore d’actualité : l’affiche de l’exposition Game Story par Olivier Huard est un bel exemple de Pixel Art, alors que Fez, jeu que nous avons testé à l’exposition Joue le jeu, revient à l’esthétique 8-bits du retrogaming.

Au Café Paname cet été se tenait une exposition « Pixel Life » présentant des oeuvres de Laurent Bazart et Jésus Castanedas, à la Galerie Artélie à Paris, jusqu’au 6 octobre, se tient une exposition collective entre Pixel et Street Art.

Pourquoi le pixel séduit autant ?

Le Pixel Art impose un certain nombre de contraintes : l’utilisation de carrés sans possibilité de courbes, l’aplat coloré sans dégradés. Malgré cette identité commune cohérente, définie par la limitation volontaire, les graphistes et illustrateurs rivalisent d’imagination et nous proposent des travaux très différents les uns des autres. Cette diversité des productions atteste du vrai pouvoir de séduction du pixel.

Des pratiques simples

La plupart des artistes préfèrent se passer des logiciels complexes comme Photoshop ou des logiciels créés expressément pour le Pixel Art (comme Pixen), lui préférant Paint.

Tout le monde peut donc réaliser une illustration en pixel art, aucun besoin de maîtriser les outils complexes de création. La simplicité de réalisation permet d’une certaine façon de s’affranchir de la nécessaire maîtrise technique, que l’on retrouve dans les autres pratiques artistiques : seul reste dès lors le travail de la créativité.

Mystery Guitar Man nous en fait la démonstration avec cette vidéo animant en stop-motion, un sprite (dans le jeu vidéo, un sprite est un élément graphique que ce soit un objet ou un personnage, qui se différencie du décor de fond et qui peut se déplacer ou non) réalisé sur une simple feuille de calcul Excel.

Des courants différents

Derrière la locution « Pixel Art » on retrouve pourtant une véritable diversité et richesses des productions, appuyée par des techniques de réalisation différentes.

La perspective isométrique (la perspective isométrique est un mode de représentation en perspective dans laquelle les trois directions de l’espace sont représentées avec la même importance, qu’un objet soit en premier ou en dernier plan celui-ci sera de la même taille) permet de réaliser des compositions pouvant être très complexes.

Paris vu par Eboy

Tout en jouant sur l’humour, Eboy s’attache dans ses compositions au moindre détail. Dans cette illustration de Paris, vous pourrez retrouver des lieux et personnages emblématiques de la culture française : à vous de retrouver Coluche, Justice, Flat Eric ou encore Karl Lagerfeld.

Dans un style moins baroque, mais toujours en perspective isométrique, les français ne sont pas en reste avec Laurent Bazart.

Il mêle souvent à ces illustrations des légendes, donnant un aspect d’organigramme à ses illustrations. Absurdement drôle, ayant choisi volontairement une esthétique enfantine, il pose un regard critique sur la société occidentale, son organisation tendant à standardiser les comportements, et même les individus tout en niant les besoins humains.

Loin de la perspective isométrique, d’autres artistes limitent, volontairement et tout aussi brillamment, le nombre de pixels utilisés.

Andy Rash, est de ceux-ci ; avec très peu de pixels, il dépeint un personnage reconnaissable quasiment instantanément.

Les personnages de Big Lebowski (jusqu'au tapis !) : on est fan

Les personnages de Big Lebowski (jusqu’au tapis !) : on est fan

Dans un autre style, Michaël Myers a choisi un design minimaliste très élégant et graphique pour ses personnages élancés ; un coup de crayon? assemblage de pixels qui montre une réelle patte graphique.

Star Wars par Michaël Myers

Certains artistes sont passés maître dans la limitation comme David Stoll qui se limite pour ses personnages à du 4 pixels par 4, ou SixPix à 1 par 6 : de véritables exercices de style. A nouveau, les deux artistes puisent eux aussi abondamment dans le patrimoine des jeux vidéos ou encore des dessins animés, autant de références qu’il vaut mieux maîtriser, pour parvenir à identifier ces sprites clairement minimalistes.

Les sprites de David Stoll

SixPix par Sergio Ingravalle

 

 

 

 

 

 

 

Pixel art et culture « populaire »

Le Pixel Art puise de nombreux sujets dans la culture populaire.

Reconnaissez-vous tous ces sprites, réalisés par Michaël Myers?

Jeux vidéos bien bourrins pour Michaël Myers

Un joli mélange de références par Andy Rash

Des joyeuses références pour Andy Rash

Au premier rang de ces références incontournables, on retrouve bien évidemment le patrimoine vidéo-ludique, comme dans cette vidéo réalisée par MuscleBeaver.

Les héros « sprités » des premiers jeux vidéos 8-Bit constituent en effet une matière abondante dans laquelle puisent les illustrateurs et graphistes. Osons : Mario est d’une certaine façon au Pixel Art ce que la soupe Campbell a pu être au pop art.

C’est plus généralement toute la culture jeu vidéo des plus anciens aux plus récents qui est ici sollicitée. Dans le cas des références aux jeux plus récents, on imagine aisément le malin plaisir que nos artistes prennent à pixeliser un graphisme hyper-réaliste.

Heros des séries des années 80 par Kristof Saelen

Heros des séries des années 80 par Kristof Saelen

Dr Who & Mario vs un Dalek

Dr Who & Mario vs un Dalek

Plus généralement, toute la culture « geek » -NB : c’est pas un gros mot !- y passe : comics, séries TV (Doctor Who dans cette illustration de Jesus Castaneda), films cultes du type Star Wars, dessins animés…

Bon, ne soyons pas réducteurs non plus, les pixels artistes s’inspirent plus généralement de toute la culture populaire. On remarque tout de même une lourde prédominance des années 70-80. Assez naturel, puisque c’était l’apogée du pixel. Nostalgie quand tu nous tiens !

Les pixel artistes ne sont pas non plus déconnectés de l’actualité; certains illustrateurs créent pour la presse comme Laurent Bazart , qui au sein de l’agence Illustrissimo il imagine des couvertures de magasines dont, entre autres, Libération, Le Monde, Les Echos Télérama ou encore les Inrockuptibles ; d’autres comme Michaël Myers réagissent à l’actualité sur leurs blogs qui a réalisé une illustration au décès de Steve Jobs, très fine, qui a alors fait le tour du net.

Le pixel et sa dimension affective: un identifiant générationnel

On peut aisément expliquer cette prédominance des années 70-80. La disparition progressive du pixel, en raison de l’évolution technologie qui a repooussé les limites d’affichage graphique, suscite une espèce de nostalgie, voir de sympathie de la part d’un public qui a connu les premiers jeux vidéo et a grandi avec l’univers 8-bit, devenu la madeleine de Proust de toute une classe d’âge. Le pixel est dès lors un identifiant générationnel, nous faisant replonger dans l’insouciance de l’enfance et nous donnant furieusement envie de régresser.

La publicité a ainsi su récupérer cet élan de sympathie. Ce spot pour Areva a été créé par H5 (collectif emmené par de Hervé de Crécy et Ludovic Houplain). Un petit air d’organigrammes de Laurent Bazart, non?

Le collectif Eboy a lui aussi été sollicité par la publicité.

Campagne illustrée par Eboy pour Coca

Affiche pour Yahoo par Eboy

Illustration par Eboy pour l’ANPE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ces campagnes (l’ANPE est symptomatique !) semblent bien destinées à un public averti, entre 20 et 35 ans, celui-là même qui est sensible à l’univers 8-Bit.

La communication de Lego à ce titre est assez intéressante. La petite brique, figure de notre enfance, joue parfaitement sur les codes du Pixel Art pour cette campagne imaginée par Jung Von Matt, largement inspiré des travaux de SixPix. Néanmoins, dans le cadre de cette campagne, les héros présentés sont davantage ceux de notre enfance que ceux de nos charmantes têtes blondes, les consommateurs potentiels des fameux legos. Aussi telle est ma question: la campagne ne serait-t-elle pas plutôt destinée aux parents? Après tout, ce sont eux qui ont le porte-monnaie !

En tous cas, la campagne rend hommage au Pixel Art. La simplicité de certains sprites suggère, évoque, plus qu’elle ne montre, obligeant le spectateur à discerner, à se représenter et surtout à imaginer! Pile-poil le credo lego! L’image dans le Pixel Art ne bride pas l’imagination mais l’active.

Le pixel et les jeunes générations

Super Smash Land, version 2011 pour PC

Super Smash Bros, version 1999 sur Nintendo 64

Malgré l’évolution technologique allant vers plus de réalisme, les jeux vidéos les plus récents s’emparent du pixel et de sa dimension sympathique et « trendy« .

Le succès de l’excellente licence Lego (dont je vous conseille le dernier opus (Lego Batman 2: DC Super Heroes) atteste de cet intérêt des gros studios pour le pixel.

En 2011, Dan Forace a ainsi sorti sur PC une version de Smash Bross, jeu de combat sorti en 1999, avec tous les personnages des premiers jeux Nintendo, avec des graphismes 8-bit monochromes très retro : avis aux nostalgiques le jeu est gratuit.

Si ce type de jeu semble plutôt réservé aux fanatiques nostalgiques de la première heure, les jeunes générations deviennent de plus en plus sensibles à cette esthétique du Pixel, notamment grâce au développement de jeux pour téléphone portable, smartphone et tablettes, qui reprennent cette esthétique.

Habbo (jeu/réseau social pour ados décérébrés), le mouvement des Dollz, ou Minecraft visent directement la jeune génération. Ce type de jeux contribue à pérenniser le mouvement du Pixel Art auprès de générations qui n’ont pas connu les jeux 8-Bits de nos tendres années.

Héros anticapitaliste ? D.I.Y en low-tech !

Bien que le pixel art soit utilisé dans la pub, ce symbole de la société de consommation, je persiste et signe!

Par la simplicité de création que ce soit avec une feuille et une règle ou avec n’importe quel logiciel de création, par le nombre de tutoriels gratuits sur internet, on ose le rapprochement du Pixel Art avec le mouvement du Do It Yourself en plein essor aux Etats-Unis. Ce côté « fait maison », un peu « root », de nombreux artistes l’assument et en font leur marque de fabrique, comme Mystery Guitar Man ou les frères Knutsson (dont vous verrez la vidéo dans la deuxième partie de l’article).

Ainsi de nombreux pixel artists tiennent des propos qui se teintent de revendications nettement plus politiques à l’instar de Röhrer, un des chantres du mouvement. Créateur de jeux indépendants (en pixel art), artiste multiple, codeur, est à l’origine de MUTE, un programme qui permet de garantir un certain anonymat sur internet : bon, clairement, il n’est pas vraiment du côté des droits d’auteur et du copyright. Chez lui, on voit bien une logique de la décroissance (bon certains diront croissance raisonnée) comme en témoigne un mode de vie très simple, dont il se fait le défenseur. Le mouvement low-tech (pour mes lecteurs réguliers on l’avait déjà entraperçu avec le mouvement de retrogaming BabyCastles) connaît un certain succès aux Etats-Unis, d’autant plus vigoureux en période de crise.

Le credo low-tech: késako?

Les évolutions technologiques, qui nécessitent des investissements massifs, sont instrumentalisées par les marchés financiers.

Elles sont considérées comme avilissantes : elles visent à un contrôle des consommateurs en obligeant par exemple à s’inscrire sur des sites et à donner des informations personnelles et entravent la libre circulation des logiciels, ainsi que le droit de propriété (qui autorise théoriquement à échanger, donner ou léguer un bien). Récemment la colère contre Apple de Bruce Willis (à qui on ne peut prêter des intentions militantes pro internet et libertés) a fait le tour du monde; celui-ci venait de s’apercevoir qu’il ne pouvait donner ses chansons achetées sur ITunes à sa propre fille, ni même les lui léguer.

Elles sont en outre bien souvent déraisonnables écologiquement et contribuent à la surconsommation : dans le cas d’un logiciel par exemple, bien que l’ancienne version marche très bien, pour être à la pointe (dans notre cas de graphiste, afin d’être tout simplement compétitif face à nos concurrents) il est quasiment nécessaire d’investir dans la nouvelle ; imaginons garder l’ancienne, au bout d’un certain temps, il n’y a tout simplement plus de mise à jour. En outre, la plupart des produits high tech sont conçus pour ne plus fonctionner au bout d’un certain nombre d’utilisation, l’obsolescence programmée.

Le jeu vidéo: des studios indépendants militants

Les éditeurs et créateurs de jeux vidéo indépendants, qui n’ont pas les mêmes budgets pharaoniques que les grands studios, ont fait de cette culture low-tech et du pixel art leur marque de fabrique.

Pixel! par le micro-studio Arkado

Il est vrai que le marché des jeux vidéo est en proie à de nombreuses dérives mercantiles, dont nous avions fait état dans un autre article. Si certains développeurs proposent leurs jeux gratuitement sur le web, le jeu Super Meat Boy qui était à l’origine un jeu flash produit par le micro studio Team Meat à sa sortie sur X Box Arcade est ainsi le premier à proposer des DLC non vérifiés par Microsoft Live. L’un des fondateurs du studio l’exprime de façon on ne peut plus claire : « dans un monde où débloquer du contenu dans un jeu que l’on a acheté coûte généralement 2$, c’est bon d’avoir le pouvoir de dire Fuck You au système et de faire à votre façon ».

Ce milieu de créateurs indépendants est largement composé d’anciens développeurs/graphistes lassés des gros studios à l’instar du génial créateur de Fez qui, dans ses interviews, stigmatise son passage dans les studios d’Ubisoft comme « la pire expérience de sa vie ».

Sword & Sworcery : un design très graphique assez proche de celui de Myers

Sword & Sworcery : un design très graphique assez proche de celui de Myers

Version lego

Version lego

Ces petits studios indépendants innovent, en prenant un véritable parti pris graphique, avec des jeux à l’aspect retro, au design et à l’esthétique très 8-bit, comme Pixel! de Arkedo ou Professor Spelunkington de Games Nortwest.

Dans le cas de Sword & Sworcery, jeu iphone, le petit studio canadien SuperBrothers modernise complètement le pixel art avec ses personnages, très épurés, au design d’une élégance folle et actuelle, rappelant ceux de Michaël Myers. Ils ont annoncé la sortie d’une version remasteurisé « avec plus de définition, une lumière complexe et une 3D crédible » avec beaucoup d’humour, puisqu’ils en ont présenté une première image « officielle », une photographie de leur personnage fétiche en légo.

En s’attardant un peu moins sur le réalisme de l’image (parfois gadget), on peut également se permettre de se concentrer sur l’histoire et de développer des gameplay révolutionnaires : en ce sens, GlitchHicker, The Chance, VVVVVVVV sont de véritables révélations pour l’univers du jeu vidéo.

Ces jeux à contre-temps de l’évolution de l’offre vidéo-ludique n’auraient pas vu le jour sous la houlette de gros studios car impliquant un trop gros risque financier.

Passage par Jason Röhrer

Certains groupes ajoutent une ambition artistique à leurs jeux collaborant avec des plasticiens, comme le collectif new-yorkais très low-tech de Babycastles et ses salles d’arcades bricolées maison.

Röhrer nous livre avec Passage un jeu vidéo tout en Pixel Art à la frontière entre le non sens le plus total, la psychanalyse (tant de Röhrer himself que du joueur) et l’oeuvre artistique interactive, tant il s’affranchit complètement des codes du jeu vidéo. Ni distrayant, ni attirant, le jeu nous confronte directement à nos angoisses, nous questionne. Certes, c’est pas très vendeur tout ça, mais il vous faut l’expérimenter absolument, d’autant plus maintenant qu’il est rentré au MoMa de New York ; vous pouvez le télécharger sur le site du jeu.

En guise de conclusion, le Pixel Art n’est pas seulement une simple technique graphique. Autour de celui-ci s’est constitué un mouvement culturel, intellectuel, social et sociétal.

La durabilité du mouvement, son effervescence et sa richesse, peut schématiquement s’expliquer :

- une génération de nostalgiques, appartenant à la communauté geek très active sur internet, s’identifie à ce mouvement et le propage

- la simplicité de création (sans logiciels payants, sans formation nécessaire) place le Pixel Art dans le mouvement D.I.Y qui connaît un certain essor en pleine période de crise, une espèce de refus de la complexité qui trouve un écho dans des instincts ô combien humains.

- une communauté d’intellectuels défend le Pixel Art comme chantre de la contre-culture low-tech permettant de lutter contre une croissance déraisonnée et un affaiblissement progressif des libertés individuelles orchestrée par les firmes mondiales pour contrer internet comme espace de liberté et de libre-échange

Le Pixel Art s’éloigne progressivement des cadres traditionnels du numérique et de la culture geek pour devenir un phénomène de société, et une pratique artistique à part entière: le Pixel Art sort du numérique.

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